Je pensais sincèrement que le plus compliqué était derrière moi.
Après les papiers, les autorisations, le vol et le passage par le service de quarantaine de l’aéroport de Bangkok, je n’avais plus qu’une envie : sortir avec Gojo et rentrer. Il se faisait tard, il venait de voyager en avion, j’étais fatiguée et lui aussi.
En quittant la quarantaine, on m’avait indiqué que mes formalités étaient terminées et que je pouvais continuer vers la sortie. Sauf qu’en chemin, on me pousse finalement vers la zone où l’on déclare des marchandises.
J’explique que je pense qu’il y a une erreur puisque je n’ai rien à déclarer.
On me répond :
« Si. Vous avez un chat. »
Oui. Merci. Je suis parfaitement au courant que j’ai un chat. 😂
Une agente attrape alors mon chariot avec mes valises et Gojo dessus et m’annonce que je dois payer une taxe.
Je lui demande pourquoi, puisque je viens justement de terminer toutes les démarches nécessaires pour faire entrer mon chat en Thaïlande.
Réponse :
« C’est la loi. »
Très bien. Combien ?
2 000 baht, soit environ 60 dollars.
Ma question était pourtant simple : 60 dollars de quoi exactement, et comment avez-vous calculé cette somme ?
On m’explique alors que je dois conserver le reçu et que, si je reviens un jour en Thaïlande avec mon chat, je n’aurai plus à payer.
Sauf que je leur répète depuis le début que je suis touriste, que je voyage avec Gojo et que je n’ai absolument pas prévu de revenir avec lui.
Une responsable arrive ensuite et me dit assez sèchement que lorsqu’on vient dans un pays, on doit connaître ses lois.
Sur le principe, elle a raison.
Je lui réponds donc que si j’avais su qu’une taxe supplémentaire m’attendait à l’arrivée simplement parce que je voyageais avec mon chat, je ne serais probablement pas venue, par principe.
Mon chat n'est pas une voiture…
Disons que ça n’a pas vraiment détendu l’atmosphère. 😂
Elle finit par me montrer une page expliquant qu’une taxation peut effectivement s’appliquer. Très bien. Mais je demande toujours la même chose : pourquoi 2 000 baht dans mon cas ?
Aucune réponse claire.
Il est tard, Gojo est épuisé et je veux partir. Je paie donc les 2 000 baht et récupère un reçu sur lequel figurent le montant, les informations de mon chat et mon passeport, mais aucun détail du calcul.
Le lendemain, cette histoire me travaille encore, alors j’écris au service concerné pour demander des explications.
Cette fois, on m’envoie davantage d’informations et une méthode de calcul. Sauf qu’en lisant moi-même les règles qu’on vient de me transmettre, je découvre quelque chose de beaucoup plus intéressant : une personne qui entre temporairement en Thaïlande avec son animal et reste moins de cinq mois est exemptée.
Et là, forcément, je me dis : attendez…
Depuis le début, je précise que je suis touriste, que Gojo repart avec moi et que je ne viens absolument pas l’installer définitivement en Thaïlande.
Alors pourquoi personne ne m’a parlé de cette possibilité ?
Je leur réponds donc en demandant deux choses très simples : comment les 2 000 baht ont-ils été calculés dans mon dossier et pourquoi l’exemption n’a-t-elle pas été appliquée à ma situation ?
Parce que la formule qu’on m’a envoyée ne m’aide pas beaucoup non plus. Quelle valeur ont-ils attribuée à mon chat ? Gojo n’a pas de facture d’achat. Je ne l’ai pas acheté avec un prix que je pourrais leur communiquer : il fait partie de ma famille depuis le début.
J’attendais donc quelque chose de très simple : voilà la valeur retenue, voilà le calcul et voilà pourquoi vous n’êtes pas exonérée.
Je ne l’ai jamais obtenu.
On m’a finalement expliqué que les situations étaient traitées au cas par cas et que, si je voulais davantage de précisions, il fallait appeler directement le service concerné. Car il n’y a pas de mail ! ! !
J’ai compris que je n’aurais jamais le fin mot de cette histoire...
Je regrette presque qu’on ne puisse pas acheter son chat au duty-free : au moins, j’aurais eu un prix affiché, une facture et compris d’où venait le calcul. 😂
Mais finalement, ce qui m’a le plus énervée n’était même pas de devoir payer.
C’était de ne jamais réussir à comprendre clairement pourquoi je payais précisément 2 000 baht ni pourquoi une exemption qui semblait potentiellement correspondre à ma situation n’avait pas été appliquée.
Qu’un pays ait ses règles, évidemment. Qu’il existe des taxes, soit. Mais entre « c’est la loi » et « voilà le texte, voilà le calcul et voilà pourquoi cela s’applique à votre situation », il y a quand même une sacrée différence.
Et finalement, ça m’a rappelé quelque chose que tous les entrepreneurs finissent par connaître.
Des taxes, des charges, des obligations et des frais administratifs, il y en aura toujours. En France, en Europe, en Asie ou ailleurs, entreprendre signifie aussi apprendre à naviguer au milieu de règles qu’on ne maîtrise pas toujours au départ.
Le problème commence quand tu ne peux ni anticiper, ni comprendre, ni vérifier ce qu’on te demande.
Parce qu’une dépense connue, tu peux la prévoir. Une règle claire, tu peux t’y conformer. Une taxe expliquée, tu peux l’intégrer dans ton budget.
Mais le fameux « c’est comme ça, payez », forcément, ça passe beaucoup moins bien.
Depuis, j’ai presque envie d’ajouter une nouvelle ligne dans tous mes budgets :
« Frais pour règles que je découvrirai une fois sur place. »
Et visiblement, même Gojo a maintenant sa propre fiscalité internationale. 😭
À la prochaine escale,
Leïla 🌸

